FÊTE DE LA sAINT-mAURICE
UNE TRADITION VIVANTE
La paroisse de Veyrier conserve une ancienne tradition, le partage entre toute la communauté du pain bénit, le jour de la fête patronale de Saint-maurice et de ses compagnons martyrs, protecteurs de la paroisse. Cette fête a lieu le dimanche suivant le 22 septembre, qui se trouve être également le week-end de la Vogue du village.
Saint Maurice, originaire de Thèbes, en Egypte, était un mercenaire chrétien au service de l'empereur romain. Il commandait une légion d'environ 6'000 hommes. Vers la fin du IVe siècle, voulant étendre son empire au-delà des Alpes, l'empereur Maximilien envoya la légion de Saint maurice traverser les montagnes pour s'installer dans la région d'Agaune (aujourd'hui le Bas-Valais).
Surprise ! ces populations sont chrétiennes ! Maurice et sa troupe refusent donc d'attaquer et de massacrer leurs frères dans la foi. L'empereur ordonne à ses propres troupes de décimer, puis d'anéantir la légion thébaine de Maurice et ses compagnons.
Depuis plus de 15 siècles, le souvenir de Maurice et de ses compagnons est vénéré dans la région d'Agaune et notamment à la célèbre abbaye de Saint maurice qui se trouve juste sous la monragne, dans un étroit défilé.
A Veyrier, chaque année, le pain bénit se présente sous la forme de plusieurs couronnes de tailles diverses. Elles sont placées sur une sorte de brancard et forment une pyramide d'environ 1,50m de haut, garnie de fleurs et de rubans et surmontée de la statue du saint. Autrefois, cette assemblage était apporté depuis la salle paroissiale par un cortège formé de nombreux enfants et des responsables de la paroisse. les fillettes portaient des fleurs. Au début du XXe siècle, le pain était fabriqué à Carouge et une délégation de chars à bancs allait le chercher le matin de la fête. A l'entrée du village, le cortège était salué par le tir des "boîtes", sorte de petites marmites en font remplies de poudre, avec une mèche et un bouchon en bois. En 1932, il ut remplacé par un petit canon qui salue le début de la fête populaire et ponctue le discours du Banquet du Tir, lorsque le meilleur tireur du village, le Roi, reçoit l'homage de ses pairs.
Aujourd'hui, ce cérémonial a été simplifié et la pyramide est placée à l'entreée de l'église, puis amenée dans le choeur. La bénédiction est donnée par le célébrant au cours de la messe, puis le pain est coupé et distribué à toute la communauté à la sortie de la messe sur le parvis de l'église accompagné du verre de l'amitié.
La tradition veut que chaque année une famille ou un groupement paroissial offre le pain.